Les premières traces d'une occupation à Uzès sont situées au bord de l'Alzon, principalement autour de la source d'Eure. Ensuite, connu au Vème siècle sous le nom d'Ucetia, un oppidum s'implante au sommet de la colline. En 50 après J.-C., les Romains décident de capter la source d'Eure pour alimenter en eau la ville de Nîmes. Ils construisent un aqueduc long de 50 km dont la pièce maîtresse est le Pont du Gard, qui enjambe le Gardon.
Uzès, la Cité des Évêques
Uzès a été le siège d'un Évêché du Ve siècle à la Révolution. Les Évêques d'Uzès, très puissants, ont le droit de battre monnaie, de rendre justice et achètent même au XIIIe siècle une partie de la seigneurie d'Uzès. La rivalité entre les seigneurs d'Uzès et les Évêques est constante et se traduit par de nombreux conflits et procès. Au XVIIIe siècle, le diocèse d'Uzès figure parmi les plus vastes du Languedoc (193 paroisses).
Un Saint et un Pape
Saint Firmin, quatrième Évêque d'Uzès, était vénéré pour avoir fait des miracles contre la peste, ce fléau du Moyen Âge. Ses reliques reposent toujours dans la Cathédrale Saint Théodorit. Quant à Guillaume de Grimoard du Roure, futur Pape Urbain V, il officiait auprès de l'évêque d'Uzès au XIVe siècle.
Uzès : Premier Duché-Pairie de France
L'existence des seigneurs d'Uzès est attestée dans une charte de 1088. Deux siècles plus tard (en 1229), le Languedoc est rattaché à la Couronne de France et les seigneurs d'Uzès s'illustrent dans différentes guerres. Leur fidélité à la couronne leur vaut de devenir vicomtes, puis comtes et enfin ducs. En 1632, le dernier Duc de Montmorency, alors Premier Duc de France, se rebelle contre le Roi. Il est décapité et le titre échoit alors, par ancienneté, au Duc d'Uzès. La famille d'Uzès possède le château au centre de la ville, où elle séjourne périodiquement depuis plus de mille ans.
Premier Duché - Pairie de France
Les Ducs d'Uzès, par ce titre, occupaient le premier rang après les princes de sang. Pendant plusieurs siècles, ils ont détenu de nombreux droits lors des cérémonies à la cour : chevalier d'honneur de la Reine Mère, ils portaient les honneurs (sceptre et couronne) lors des sacres ou encore ils prononçaient la phrase rituelle « Le Roi est mort, vive le Roi » lors des obsèques. Ils avaient aussi le devoir de mettre leur épée au service du Roi. Ainsi vingt et un Ducs d'Uzès furent tués ou blessés sur les champs de bataille.
Uzès : place forte huguenote
Au milieu du XVIe siècle, beaucoup d'uzétiens sont calvinistes et la ville est alors la cinquième ville protestante du royaume. Les guerres de religion provoquent la destruction de toutes les églises et du temple qu'Uzès comptait alors. La révocation de l'Édit de Nantes en 1685 provoque le départ de nombreux uzétiens vers les pays protestants d'Europe ou leurs colonies. Les « nouveaux convertis », écartés des fonctions publiques, s'enrichissent dans le négoce.
De la Révolution à la révolution industrielle
Depuis le XVe siècle, Uzès fabriquait des serges de laine et des draps, puis des bas et enfin de la soie. La maladie du mûrier enleva à la ville son activité textile qui occupait alors jusqu'à 2 000 personnes. Ce déclin entraîna celui de la ville, même si quelques activités comme la poterie ou la fabrication de réglisse se développèrent à la fin du XIXe siècle.
Uzès aujourd'hui
Le XXe siècle est celui de la renaissance de la ville. Son centre-ville est classé secteur sauvegardé en 1965, sous l'impulsion d'André Malraux. Commence alors une période de restauration de l'important patrimoine de la cité. Au début de ce XXIe siècle, Uzès est plus que jamais une petite capitale au grand renom, classée en décembre 2008 « ville d'Art et d'Histoire ».